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Lundi, 04 Mai 2009 00:00



Nîmes et ses Consuls

par Jean-Luc Bénel

 

 

 

 Depuis les 1er Capétiens, Nîmes dépendait des Comtes de Toulouse et des Vicomtes de Nîmes.

En 1061 Raymond de St Gilles avait épousé la fille de Béranger, Comte de Provence, où nombre de villes, comme en Italie se libéraient peu à peu depuis le début du XIème de l’autorité seigneuriale et contaminèrent le Comté de Toulouse. Le vicomte Bernard Aton IV et le comte de Toulouse Raymond Trencavel fils de Raymond de St Gilles, en 1124 pour 1000 sols abandonnent les vieilles tailles et confirment les privilèges des nîmois; les Nîmois avaient donc déjà une identité juridique organisée et des privilèges :ils avaient donc déjà des consuls en 1124 même si la principale autorité était encore celle du viguier du Comte.


La 1ère charte mentionnant les consuls date de 1144 : (Arles 1131,Montpellier 1141 Narbonne 1148) Bernard Aton V vend à perpétuité aux nîmois pour 1000 sols de St Gilles, la liberté de pâturage sur les garrigues.

Les 4 consuls sont mentionnés : Pierre Aldebert, Pierre Porte, Vieille, Bertand Calvin et Bernard Bonnet.


L’histoire de nos consuls sera celle d’une haute lutte entre eux et les autorités de tutelle toujours à court d’argent (comtale puis royales) qui contestent les privilèges consentis aux consuls qui eux cherchent toute occasion pour les accroître :

Ainsi en 1145 le consul Pierre Aldebert obtint les péages de la foire de Nîmes de la St Martin.


Le comte Raimond V et la reine Constance résident souvent aux Arènes. Bernard Aton VI réconcilié en 1185 d’un grave conflit avec le comte de Toulouse, lui cède en 1187 sa vicomté de Nîmes et confirme les privilèges des habitants.


Raimond V en 1188 autorise les consuls à reconstruire les remparts, tâche achevée en 1210.


En 1195 Raimond VI vivant à Beaucaire et surtout à Nîmes dans son palais comtal du Prat (rue de la monnaie?) affaibli par son excommunication pour catharisme, reconfirme les privilèges des consuls de Nîmes et en réglemente en 1198 l’élection afin de se concilier des instances nîmoises sûres et stables :Chaque quartier élit 5 personnes soit 20 élus qui nomment 4 consuls (un par quartier) : La Bouquerie (Nord-Ouest) - Le Corcomaire (Ouest) -Le Prat (est)- le Méjan et Les Garrigues (Sud).


En 1206 les Consuls révoltés tuent le viguier abusif. Le comte cède aux consuls un règlement à perpétuité pour la foire de la St Michel et confirme leur gestion de la ville avec les chevaliers des Arènes et l’année suivante établit un nouveau Règlement d’élection des Consuls plus complet :

 Les 8 consuls choisis tant chez les chevaliers que dans la cité sont issus de professions différentes et administrent les affaires publiques avec le conseil de l’évêque et des conseillers de la ville. Au bout d’un an, leurs successeurs sont élus. Les consuls ont plein pouvoir sur la cité et sont payés 100 sols en fin de mandat. Ils doivent refuser tout présent, travailler pour le bien de la communauté et du château. Nul ne peut s’exempter du consulat sauf si force majeure. Les élus doivent ratifier les décisions de leurs prédécesseurs, s’y conformer et acquitter toutes leurs dettes. En fin d’exercice ils rendent compte de leur gestion.


Le Docte Collège est élu à travers 9 échelles ou rangs (les novem scalis) :

1er :   les changeurs, les apothicaires, les épiciers et les vendeurs à la balance.

2ème : les drapiers, lingers, pelletiers et tailleurs.

3ème : les tisserands, corroyeurs et tanneurs.

4ème : les bouchers et bouviers.

5ème : les taillandiers, peaussiers et mégissiers.

6ème : les serruriers, les fourniers et tout ouvrier travaillant au marteau.

7ème : les charpentiers et les maçons.

8ème : les laboureurs et ouvriers agricoles.

9ème : les jurisconsultes, les médecins et les notaires.

Le sceau des consuls portera la mention : Consules castri arenarum  et civitatis Nemausi.



Mise à jour le Lundi, 04 Mai 2009 13:34
 

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